|
JMBlog
|
|
Frank sort sa blague à tabac de sa poche. Il prend dans son tiroir sa pipe
préférée, celle qui lui a offerte sa femme il y a deux ans pour son anniversaire. D’un geste machinal, il bourre les trois grammes nécessaires à dix minutes de combustion, gratte une allumette et se renverse sur sa chaise. Bien
calé sur le dossier, il expulse lentement la fumée qui monte en volutes bleues
vers le plafond.
Un dimanche matin au bureau.
C’est lui qui est de service. Maintenant qu’il avance en âge et en ancienneté, ça lui
arrive moins souvent. C’est toujours une espèce de plaisir pour lui. Le
dimanche, Paris semble tout à ses plaisirs, à ses gigots-haricots verts, à ses
rosbif-purée ou à ses thon-mayonnaise.
Et
lui, au quai des orfèvres attend que les voyous se réveillent de leur gueule de
bois du samedi soir. Il repense au bon chili que sa femme lui a cuisiné
vendredi soir. Avec un peu de fromage blanc et du riz. Juste comme il l’aime.
Le
temps passe doucement, Frank somnole sur son fauteuil, la pipe coincée entre les
lèvres.
Au
même instant, à Los Angeles, Jules termine son samedi de garde. Encore deux
heures et il sera six heures dimanche matin. La nuit s’est bien passée.
Seulement deux arrestations. Seulement deux fois, Jules a été obligé d’endosser
sa fameuse gabardine usée, celle qui fait sa réputation par delà les mers et
les océans. Jules, un policier connu dans le monde entier pour avoir résolu les
affaires les plus louches et les plus alambiquées. Il a passé le début de
soirée à interroger Jack Nahour, ressortissant
libanais et patron d’une boite
de strip-tease près du quartier chinois. De l’argent sale, de la came, et des
filles au curriculum vitae pas très clair. Ecœuré par la détestable odeur du
cigare que Jules n’hésitait pas à lui souffler au visage, il a fini par lâcher
quelques noms, quelques indices, mais pas suffisamment.
Ce
midi, c’est l’inspecteur March qui continuera de le cuisiner.
Ce
midi… Cuisiner… Jules se met à rêver. Vers huit heures, sa garde terminée, il
rentrera chez lui, au 134, Richard Black Street au volant de sa 403 démodée et
déglinguée mais dont il ne se séparerait pour rien au monde. Après un petit
somme d’une heure ou deux, il partira avec Louise, sa femme, toujours,
discrète, que personne n’a jamais vue au bureau. Une femme délicieuse, bonne
cuisinière qu’il aime depuis plus de vingt ans maintenant. Ils prendront la
voiture et iront manger dans un petit restaurant français : la brasserie
dauphine, située sur Main Street. Lui prendra un petit salé aux lentilles,
comme d’habitude, elle du jambon fumé et une salade d’endives.
Ah
Louise…. Ah, Paris, un jour, il ira peut-être…
En
attendant, Jules a un dernier coup de fil à passer. A Paris justement. Il
attrape au vol le téléphone de son bureau.
« Vous
voulez que j’aille vous chercher des sandwiches et des bières,
patron ? ». C’est l’inspecteur Lucas qui vient d’entrer dans le
bureau de Frank. Un petit nouveau que Frank a pris sous sa coupe depuis
quelques mois.
-
Si tu veux, mon p’tit, et puis remonte-moi le journal, tant que tu y es, c’est
d’un calme aujourd’hui. »
-
OK patron, c’est comme si c’était fait. »
Et
Lucas referme la porte d’une geste ferme et efficace.
Frank
allume une nouvelle pipe, sa quatrième de la journée déjà et se cale
confortablement dans son fauteuil. Il va falloir songer à travailler quand
même. Avancer le travail de demain par exemple… Mais le sommeil le gagne..
Téléphone…
Ah,
voilà, la journée va peut-être enfin démarrer. Frank pose sa pipe, tousse une
fois ou deux pour s’éclaircir la voix et se saisit du combiné.
« Excusez-moi,
M’sieur, dit une voix trainarde au fort accent américain, mais j’aimerais
parler au Commissaire Maigret, Frank Maigret please.
C’est
une blague, se demande Frank. Quel américain peut bien vouloir l’appeler un
dimanche midi ?
-
Oui, c’est moi-même, à qui ai-je l’honneur de parler ?
-
Columbo, Lieutenant Jules Columbo de la Police de Los Angeles.
-Enchanté cher collègue, que puis-je faire pour votre service ?
-
Hé bien voyez-vous, j’ai l’impression qu’un grand coup de vent a soufflé sur
nos aventures depuis quelque temps, vous ne trouvez pas ?
-
Pas vraiment, que voulez vous dire par là ?
-
Ben M’sieur, continue le Lieutenant, je me suis retrouvé ce matin avec une pipe
au bec, alors que ce n’est pas du tout mon habitude.
-
Voilà l’explication, reprend Maigret. Depuis hier, je me demande bien où j’ai pu
mettre ces fichues pipes, je n’arrive pas à remettre la main dessus. J‘ai été obligé de me rabattre sur les cigares de mon
collègue Janvier, histoire d’avoir quand même ma dose de nicotine.
-
Et je crois que ce n’est pas tout, hélas, poursuit Columbo.
-
Vous croyez ? demande Maigret interloqué par cette nouvelle observation.
- Évidemment… Réfléchissez un peu… comment vous sentez-vous depuis deux
jours ?
-
Plutôt bien, même si j’ai l’intestin qui me chatouille un peu…
-
Le Chili, l’interrompt Columbo, le chili… En mangez-vous souvent ?
-
Vous pensez, dans le Paris des années 50, ce n’est pas monnaie courante. Je me
suis bien demandé ce que c’était lorsque ma femme me l’a présenté sur la table.
-
Voilà, m'sieur, C'est bien ce que je pensais, tout est sens dessus dessous. Je crois qu’il faut que nous agissions méthodiquement, proposae le lieutenant Columbo.
Reprenons ce texte depuis le début, arrêtons-nous sur ce qui semble clocher et
redonnons à chacun ce qui lui revient de droit. D‘accord Frank ?
-
Tout à fait, répond Maigret. Mais si vous le permettez, je commencerais tout
de suite, je m’appelle Jules Maigret, et non Frank…
-
Bon sang, mais c’est bien sûr, souffle Frank Columbo qui a instantanément retrouvé son
prénom…
-
Quelle journée, ajoute Maigret. Moi qui croyais être tranquille pour mon dimanche. Mais voyez-vous, cher
collègue, je pense qu’il serait plus intéressant que ce soient les lecteurs
eux-mêmes qui remontent en haut de la page et remettent tout ça en place.
-
Excellente idée, semble conclure Columbo. Je leur souhaite bien du courage, et
je vous salue bien, mon cher Jules, Jules Maigret cette fois-ci.
-
Bonne fin de garde à vous, et bon week-end, puisque le dimanche commence à
peine chez vous. Au revoir, Frank, et bien le bonjour à votre femme !!!
-
J'n'y manquerai pas. Au revoir Maigret. Ah, une petite chose encore, mais sans importance, repart Columbo, j’en ai
juste pour une petite minute, si les lecteurs ne trouvent pas, les indices pour
chacun de nous se trouvent juste en -dessous.…."
est commissaire principal de la brigade criminelle sise au quai des
orfèvres à Paris.
Il
est marié à Louise, et ils habitent ensemble un coquet appartement de la rue
Richard Lenoir.
Il
est un grand fumeur de pipe dont il possède une grande collection, mais sa
préférée est toujours celle que sa femme lui a offerte.
Lors
de ses interrogatoires, ses adjoints, Lucas et Janvier (en non pas March)
descendent régulièrement au bistrot chercher de la bière et des sandwiches.
Jules
Maigret prend régulièrement ses repas à la Brasserie Dauphine
où il est un grand amateur de petit salé aux lentilles, son plat préféré.
Le
Docteur Nahour, bien que libanais, n’est nullement patron d’une boite de strip
tease, mais a eu la mauvaise idée d’être retrouvé assassiné dans son
pavillon de banlieue.
A
noter que Maigret ne conduit pas. Il n’a d’ailleurs pas le permis, se déplace
en taxi ou se fait accompagner par des collègues. Pour ses déplacements privés,
c’est son épouse qui conduit, même si elle a appris « sur le tard ».
est Lieutenant à la
Brigade criminelle de Los Angeles. Popularisé grâce à son
allure plutôt sale et négligée, vous l’avez sans doute déjà vu avec son vieil
imperméable beige usé, qui a trainé dans les endroits les plus mal famés de Los
Angeles.
C’est
un fumeur invétéré de cigares à bon marché qu’il achète au détail. Ils ont d’ailleurs
parfois une affreuse couleur verte. Mais il ne déteste pas fumer parfois un bon
Havane. Par contre, jamais de cigarette, ni de pipe.
Il
conduit depuis des années une Peugeot 403 qui a fait sa popularité, et non
celle de la voiture qui n’était déjà plus construite au moment des tournages
des épisodes. Son chien passe le plus clair de son temps dans sa voiture.
Lors
de ses enquêtes, il s’arrête régulièrement dans un petit resto mexicain où il
se fait servir du chili, pas trop épicé, et un café sucré.
Quant à sa femme, même s'il en parle beaucoup, jamais vous ne l'avez vue, et jamais vous ne la verrez.
Warning: mysql_query(): supplied argument is not a valid MySQL-Link resource in /homez.165/kervenec/www/jmblog/includes/afficheMessage.php on line 8
Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /homez.165/kervenec/www/jmblog/includes/afficheMessage.php on line 9