Alexandrins

Un petit poème que j'avais écrit. en 1994, pour les 70 ans de Papa et les 40 ans de ma soeur Catherine. J'avais passé du bon temps à écrire ça. Faut dire que je venais de lire Cyrano et que la musique des alexandrins était bien dans ma tête !!!


Puisqu'enfin ici bas la parole on me donne
Et qu'avant le café il faut que je sermonne,
Je vous dirai plutôt un petit compliment
Au lieu d'une ânerie comme il m'est plus courant.

C'est avec grand plaisir qu'en ces lieux je me tiens
Afin de célébrer le grand âge des miens:
L'un, pour ses septante ans aujourd'hui est fêté,
Et reçoit de chacun les baisers mérités.

L'autre, tranquillement, vers ses quarante années
A petits pas, très sûre, a su se diriger.
Elle essaie doucement de rattraper sa soeur
Qui depuis bien longtemps a franchi la hauteur.

Dieu qu'il est malaisé, ici de déclamer
Je pensais réussir à ne pas déconner
Mais l'ambiance et le vin m'ont fait changer d'avis
Je ne puis être sage un jour comme aujourd'hui.

Je sais que mes paroles de tous sont entendues
Et que vous attendez de moi de voir mon fût
Ce n'est pas si facile quand mon ventre gargouille
De penser à la rime, j'aime mieux faire l'andouille.

Je sais que quand parfois on veut jouer les poètes
Il se peut qu'à un vers plus longtemps on s'arrête
Mais ce n'est pas très long, bien vite l'on repart
Pour finir le quatrain, avant midi moins l' quart.

Bon, d'accord, cette rime n'est pas très fouillée,
Et ce tout dernier vers par les pieds est tiré
Mais je n'ai pas voulu y passer plus de temps
Je devais, à midi , appeler ma maman.

Il est un mot pourtant que l'on doit répéter
Un jour d'anniversaire, c'est le mot "souhaiter"
Plein de choses, de l'argent et aussi la santé
Des beaux voyages à faire, des grilles de mots croisés...

Eh bien, mes bons amis, aujourd'hui je vous souhaite,
Encore une rime en ette, c'est terrible, c'est trop bête...
Je vous souhaite disais je, sur un ton solennel,
De continuer longtemps à descendre la poubelle.

Allons, il est grand temps, il faut que je me taise,
Moi, je dis des poèmes, pendant que d'autres baisent
Je souhaite dédier ce poème à la con
A mon père, à ma soeur qu'ici tous nous aimons.

Remarquez mon langage, combien j'ai été bon,
Ni de bite, ni de cul je n'ai fait allusion
Encore moins de nichons, de poils ou de cramouille,
Ni de ces parasites qui parfois nous gratouillent.

Car enfin en ce jour, ce n'était pas le lieu
De conter nos histoires, nos problèmes de pieu
Il s'agissait seulement de deux anniversaires
Celui de ma grande soeur et celui de mon père.

Rendez vous dans dix ans, pour fêter à nouveau
Les 10 nouvelles années de ces deux asticots.
Permettez tous les deux que je vous offre une bise
Et puis ma main au cul, comme disait la marquise.

Novembre 1994

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